mestre ABERRÊ

1895 - 1942


Raimundo Argolo alias Mestre Aberrê est l'un de ces Mestres que la plupart des gens ne connaissent pas, ou on juste entendu parle de loin.

Il a rencontré Mestre Pastinhas quand il étais encore très jeune à l'époque, lorsque Mestre Pastinha n'avait pas d'académie et avant qu'il ne fasse une pause de plusieurs dizaines d'années suite aux répressions subi par les "capoeiristes" de cette époque.

Mestre Aberrê a formé Mestre Canjiquinha, qui est une autre personnalité importante de la Capoeira Angola

L'un des faits historiques les plus important pour le monde de la Capoeira d'aujourd'hui et que c'est Mestre Aberrê au detour d'une rue de Salvador qui a invité Mestre Pastinha en 1941 à la roda de gengibirra. Cette invitation permis à Mestre Pastinha de revenir dans le monde de la capoeira, et fera de lui ce qu'on en sait aujourd'hui. 


Mestre Aberrê, Capoeira

 1895 : Antônio Raimundo Argolo né le 6 Août à Salvador, fils de Ângelo Argolo e Maria R.de Argolo, la même année que Besouro.

 

1910-12 : Aberrê apprends la capoeira avec M Pastinha et M Antônio de Noronha. Il s'est entraîné par la suite à baixada de Matatu Preto.

 

1935 : Commence à enseigner à Mestre Canjiquinha (qui à l'époque avait 10 ans).

 

1936 : Aberrê défi Bimba au "Parque Odeon" à Salvador le 25 Mars et "Onça Preta" (Cicero Navarro) le 16 Mai.

 

1939 : Le 23 février, il commence à travailler comme maçon à la "Santa Casa de Misericórdia da Bahia".Residiu em Pitangueiras, n° 50.

 

1941 : Il aide M Pastinha à retourner à la capoeira Angola.

 

1942 : II lest décédé en septembre, lors d'une roda d'une crise cardiaque à Fuisco de Baixo, Jacaré, selon les écrits de M Pastinha.


mestre aberrê selon ...


selon les mots de mestre canjiquinha (son élève),1989.

 « J'ai appris la Capoeira en 1935 (à l'age de 10 ans) et mon Mestre était Aberrê. Si je sais quelques trucs c'est à lui que je le dois et je l'en remercie. J'étais un enfant. Il y'avait une plaine, appelé "Matatu Preto", une colline dans le quartier de Matatu et là en bas il y'avait une place, un terreiro. 

 

Là, les dimanches venaient tous les capoeiristes, Onça Preta, Geraldo Chapeleiro, Totonho Maré, Creoni, Chico Três Pedaços, Pedro Paulo Barroquinha, finado Barboza et ce citadin appelé Antonio Raimundo Aberrê, appelé par tous "Aberrê".

 

Chaque dimanche j'allais le regarder, jusqu'au jour où il m'a appelé et il m'as dit: «Meu fio, venha cá. Cê que aprende capoeira?» (Mon fils, vient ici. Tu veux apprendre la Capoeira?)

J'ai répondu: quero (je veux). Puis il m'a dit de descendre pour voir, il m'a donné un coup de pied, j'ai rapidement sauté en arrière, et il a dit  «Óia, meu fio, a partir de hoje vô lhe ensina.» (Regarde fils, à partir d'aujourd'hui, je vais t'apprendre.) 

 

A partir de ce jour, tous les dimanches je me retrouvais là-bas avec lui: va par là, et vient par ici, descend par là, negativa e queda de rim.... et ainsi de suite. 

 

Parfois il me disait de me lever et me pousser. Je lui demandais " Pourquoi tu me pousses comme ça?"

Et lui me répondait: pourquoi je te pousse? Et si demain quelqu'un dans la rue te pousse? Tu sais comment tomber? 

 

Aberrê portait une chemise blanche et bleu, plein de médailles mais dans ce temps là il n'y avait pas de dispute (bagarre)

Mestre Aberrê, Capoeira

selon les manuscrits de mestre noronha.

Le maître exerçait une sorte de leadership parmi les capoeiristes qui l'entouraient, Amorzinho (garde civile) et Totonho de Maré étaient responsables de la création du centre de "capoeira angola da Conceição da praia", embryon de la légendaire roda de GENGIBIRRA, point de rencontre des grands capoeiristas de Salvador, des années 1930.

 

Avec le temps et la mort de plusieurs Mestres, il y avait un souci dans la continuité de cette tradition. C'est à ce moment que Aberrê parvient à convaincre Pastinha de revenir à la capoeira dont il était loin depuis plus de 30 ans, en 1941. Ce que l'on connaît aujourd'hui de la lignée de Pastinha n'existerait pas sans l'intervention et l'influence de Mestre Aberrê.

 

Puis la première grande controverse surgit. Pastinha rapporte plus tard que Aberrê aurait été son élève, ce qui est aujourd'hui discuté et démenti par certains Mestres qui font partie de sa lignée.

 

Un autre grand rôle joué par Mestre Aberrê a été de laisser son héritage entre les mains de deux légendes de la capoeira, ses élèves: Mestre CANJIQUINHA et Mestre CAIÇARA.

 

Chacun a créé une lignée indépendante, qui s'est perpétuée dans tout le Brésil et est également responsable du maintien de l'héritage de la capoeira Angola jusqu'à aujourd'hui.

 

Les deux ont également toujours nié leur proximité avec la lignée Pastinha, ce qui a également généré une autre question, sur la possibilité de l'existence de deux capoeiristes appelés "ABERRÊ", à Bahia.

 

Si cela est vrai, l'histoire de la capoeira angola baiana devra être réécrite à l'avenir, car son héritage est aussi important que celui de tout autre Mestre et son nom devra entrer dans le panthéon des grands gardiens de l'art aux côtés de Pastinha, Waldemar, Cobrinha Verde, entre autres .

 

Le peu que l'on sait, c'est que le maître a participé à des défis à Salvador, où il aurait défié Mestre Bimba et Mestre Onça Preta, en 1936. D'après les recherches de l'écrivain Paulo Magalhães, auteur de l'ouvrage «Jogo de dicursos».

 

Sa mort est rapportée de la manière suivante par Canjiquinha: «… Un Dimanche, il avait mangé des haricots (beaucoup), puis un de ses élèves qui jouait dans la roda, pris une "rasteira" et tomba. Aberrê s'est senti démoralisé…. Puis il a acheté le jeu et est allé jouer avec le citoyen… il a fait une roue par ci une roue par là, et il est tombé… c'étais fini.»

 


selon les mots de mestre pastinha en 1960

«Au début de l'année 1941, mon ancien élève Raimundo, plus connu sous le surnom de Aberrê, m'invitait toujours à recommencé à pratiquer la capoeira, à m'en occuper en tant que instructeur , ce à quoi j'ai toujours répondu : Je me suis déjà retiré et je n'ai pas l'intention de revenir à ce sport. Aberrê m'a alors invité à aller jouer à Gingibirra, et j'ai accepté le 23 février 1941.»

 


selon les mots de mestre onça preta, 1972.

«J'ai jouer avec Aberrê (un homme très fort qui luttait en Costume blanc avec une écharpe rouge) et beaucoup d'autres, qui sont aujourd'hui mort.

 

Je me souviens bien de la mort d'Aberrê. C'étais dans une roda animée, dans la ville basse. Bien au centre, où se trouvait la "Estrela de Salomão.

 

Aberrê dominait son adversaire. Soudain sans que personne ne s'y attende, il est tombé. L'autre attendait qu'il se relève, parceque dans un vrai jeu de capoeira, on ne frappe pas un homme abattu. Mais Aberrê n'as pas bougé! 

 

Ce n'est qu'alors que nous avons réalisé qu'il était mort. C'étais une crise cardiaque. 

Pendant des semaines, personne n'a joué à Bahia. Tous le monde avait compris que nous venions de perdre un grand Mestre, et un excellent ami.»



selon plusieurs sources.

Mestre Aberrê, bien qu'ayant vécu à une époque où les médias décrivaient déjà la scène du capoeiragem bahianais, n'a pas fait enregistrer sa riche histoire. Antônio Raimundo Argolo (Aberrê) est né le 6 août 1894 à Salvador de Bahia. Fils d'Angelo Argolo et Maria R. de Argolo.

La région où il est né était la même où il a vécu et enseigné la capoeira toute sa vie.

 

ÉTUDIANT DE MESTRE PASTINHA?

 

"Je suis l'un des exemples du passé. Il y a beaucoup d'anciens combattants ici. Vraiment vieux! Capoeiriste vétéran, plus âgé que moi. Garçon de la prunelle de mes yeux, capoeiriste ... J'avais ici un élève du nom d'Aberrê, c'était mon élève et il était le filleul du même parrain que moi. Il habitait sur le versant de São Francisco et j'habitais sur le versant de Muntun. Je l'emmenais, chez moi pour lui apprendre la capoeira.

Crédits;

(Piste v; Lp, M. Pastinha)

 

Selon le témoignage de Mestre Pastinha, Aberrê a commencé son apprentissage chez lui, vers 1912. A cette époque, Mestre Pastinha avait déjà 21 ans et Mestre Aberrê 16 ans. Après cet épisode, Mestre Pastinha se consacre à d'autres activités et en raison de la répression des capoeiristes, il est absent dans la capoeira, ou au moins arrête de l'enseigner pendant 29 ans.

 

En 1941, Aberrê croise Pastinha, et l'invite à la fameuse roda de Gengibirra. 

 Il y avait là un groupe de capoeiristes. Il n'y avait que des Mestres. Les plus grands maîtres de Bahia. Tous les dimanches, il y avait une Roda où jouer seulement les mestres, il n'y avait aucun élève, seulement les Mestres. Et mon ancien élève, Aberrê, faisait parti du groupe. Les Mestres ont donc cherché à savoir, à vouloir me connaître. Il demanda à Aberrê qui avait été son maître. Il a donné mon nom. Amenez cet homme ici pour qu'on le rencontre! . Aberrê m'a invité à le regarder jouer dimanche.

Crédits;

(M. Pastinha; piste v du LP); dépositions.

 

 

LA RODA DE GENGIBIRRA

Le centre de capoeira Angola da Conceição da praia, également connu sous le nom de Gengibirra, a été l'une des premières tentatives d'organisation de la capoeira à Bahia. c'était un centre de capoeira composé de 22 maîtres. Parmi eux se trouvaient: Maré, Noronha, Livino, Amorzinho, Argolinha de Ouro et le célèbre maître Aberrê. Le fait qu'Aberrê soit un excellent capoeiriste a attiré l'attention des autres membres, car s'il était très bon, son maître serait encore meilleur, et ce serait le gars idéal pour tenir cet endroit.

 

MAÎTRE CAIÇARA LAISSE UN DOUTE DANS L'AIR...

Dans une interview avec le Mestre Macaco en 1987, le maître Caiçara en présence des Mestre Onça Preta et Canjiquinha, qui étaient des élèves d'Aberrê, fait la déclaration suivante:

 

"il (Pastinha), n'a jamais été un maître d'Aberrê ... Aberrê n'a jamais été un élève de Pastinha. Mon maître Aberrê était de Santo Amaro et s'appelait Antônio Rufino dos Santos.

Crédits;

(M. Caiçara; 1987.)

 

Le témoignage de M. Caiçara ne m'a mis aucun doute quant à savoir si Aberrê était ou non un élève de M. Pastinha, mais il m'a fait poser des questions sur un autre Aberrê. Après tout, le surnom est le même, mais les vrais noms ne correspondent pas.

(Boa Alma)